Dualité et non-dualité
La dualité est de croire que nous sommes seuls et isolés
des autres, de ce qui nous entoure et du Monde. La dualité
est de voir la Vie, le Tout, la Source ou Dieu, selon la définition
de chacun, comme des concepts abstraits qui échappent notre
compréhension et qui sont ailleurs. La dualité est
de penser que nous sommes coupés de l’amour, de la
sécurité et de la compréhension que nous
voulons. La dualité est de croire que les choses sont séparées
les unes des autres et qu’il n’y a aucun sens commun
au déroulement des événements de la vie.
Le non-dualisme nous fait voir que tout est lié et uni,
que Tout est Un. Que nous sommes le Tout et les parties du Tout
: qu'ensemble, avec le reste de l'existence, nous formons le Tout,
la totalité de la Vie. Cela fait en sorte que, non seulement
nous ne nous sentions plus coupés de la vie et de la réalité,
mais que nous sachions que nous sommes les créateurs de
cette vie et de cette réalité que nous cherchions.
Cela nous permet de prendre conscience et d’expérimenter
le fait que tout ce qui existe n’est pas ailleurs et en
un autre temps, mais ici et maintenant. Cela nous fait voir que
l’amour, la paix et la compréhension véritables
qui semblent nous manquer, font plutôt partie de notre nature
profonde et de ce qu’il y a de plus vrai en nous.

À la source des souffrances
Le seul moyen de cesser de souffrir est de trouver et d’éliminer
la cause de la souffrance. Voir la cause, la comprendre et guérir
la blessure laissée par cette cause sont les seules façons
efficaces, directes et certaines de passer à un autre état
et de libérer.
Qu'en est-il des causes ?
Quelle est l’origine de la souffrance ?
Pourquoi souffre-t-on ?
Nous souffrons parce que nous avons peur de perdre ce à
quoi nous nous attachons. Et nous souffrons parce que, par les
blessures et les expériences du passé, nous savons
ce que c’est que de perdre. Nous sentons que nous avons
déjà perdu quelque chose et qu’il y a une
possibilité de perdre davantage.
Nous avons peur de perdre nos biens, de perdre ceux que nous
aimons. De perdre notre corps ou une partie du corps, de perdre
notre vie, notre liberté, notre pouvoir, notre amour-propre,
notre identité personnelle et tout ce à quoi nous
nous identifions.
N’est-ce pas normal d’avoir peur de ces choses ?
Oui, parce que nous pensons que ces choses sont tout ce que nous
avons et tout ce que nous sommes. Ce sont nos accumulations, notre
bagage, notre identité personnelle.
« Si je pouvais maintenir mon corps comme il est quand
il est en bon état et jeune, si je pouvais maintenir une
bonne identité personnelle, une bonne image devant les
autres, tous mes biens et toutes mes bonnes relations dans leur
état actuel, je guérirais et je ne serais plus blessé.
Mais ce n’est pas le cas parce que tout change et tout se
transforme. »
La sécurité financière, l’attachement
dans les relations et les plaisirs passagers peuvent nous donner
un certain détachement et un certain soulagement. Mais
le véritable détachement vient du fait de savoir
que nous ne sommes pas le corps et l’identité personnelle
avec lesquels nous vivons cette expérience humaine. Et
ce détachement vient de savoir que cette expérience
est temporaire (mais vécue dans un contexte global permanent,
hors du contexte anthropomorphique du temps). Savoir que nous
sommes présence-observateur-témoin du spectacle
de la vie dans la matière nous emmène beaucoup plus
près de la vérité. Prendre conscience que
nous vivons une expérience passagère où nous
nous identifions au corps et au reste de la matière nous
fait voir autrement cette expérience de vie.
Notre perception, notre jugement des choses, notre comportement
et notre corps se transforment, mais ce qui persiste c’est
notre présence qui est en dehors du contexte du temps ;
notre présence en tant qu’observateurs-spectateurs
des différents jeux de la Vie. Nous sommes les créateurs
de cette merveilleuse expérience matérielle et par
notre volonté nous maintenons le corps dans sa forme particulière
et plus ou moins changeante, et nous maintenons notre expérience
dans ce monde (l’expérience de ce monde). Mais nous
ne sommes pas que ce corps et que cette série d’expériences.
Ce sont plutôt des manifestations physiques de qui nous
sommes.
Qu’est-ce qu’une blessure ?
Nous avons donc peur de revivre un événement difficile,
une blessure que nous portons. Peur de perdre ou de perdre davantage.
Nous avons peur de perdre parce que nous savons, par expérience,
ce que c’est que de perdre. La blessure est une marque laissée
par la perte d’une chose à laquelle nous tenions.
Cela peut être la perte d’un bras, la perte d’une
maison, la perte d’une relation, la perte de la confiance,
la perte de la dignité ou de l’amour-propre. Les
blessures sont des mémoires de souffrances. Ce sont des
marques laissées par des événements qui nous
ont éloignés (en apparence et temporairement) de
qui nous sommes vraiment.
« Quand je me fais frapper ou maltraiter, je me sens éloigné
de mon amour-propre, de ma dignité et de ma valeur humaine,
mais surtout de la nature profonde et de l’être de
l’Absolu que je suis. »
En somme, nous souffrons parce que nous nous sentons éloignés
de l’amour, de la lumière (conscience pure) et de
la Source que nous sommes vraiment.
Et la guérison ?
Bien sûr, il y a les différents types de médecines
pour guérir le corps et les douleurs du corps blessé
et endommagé. Mais perdre quelque chose ou nous sentir
éloignés de quelque chose, voilà la cause
des souffrances.
Nous guérissons en nous rapprochant des valeurs plus profondes
d’amour, de paix et de véritable liberté,
et en partageant ces valeurs.
Le fait de connaître qui nous sommes et d’où
nous venons nous fait comprendre la cause et l’origine de
la souffrance. Cela change notre vision voilée des choses
et cela nous fait regarder autrement ce que nous avons cru à
propos de la souffrance. Davantage de contact avec qui nous sommes
vraiment et davantage de compréhension de notre nature
profonde est la guérison.

Qu'est-ce que le bonheur ?
On peut distinguer deux sortes de bonheur.
Il y a le plaisir relié à l’intense expérience
humaine. Il y a le plaisir et la jouissance reliés à
vouloir et à enfin avoir ce qu’on désirait.
Le fait de désirer nous fait sentir vivants. Et le fait
de posséder, d’avoir, nous fait sentir comme quelqu’un
qui a de la valeur devant lui-même et devant les autres.
Ce bonheur fait partie du domaine du plaisir des sens et de la
perception : jouir des plaisirs et profiter des beautés
de cette planète, de ce monde matériel. "Je
jouis et je me sens vivant quand je mange, quand j’écoute,
quand je sens, quand je touche, quand je regarde… Quand
il se passe quelque chose qui me comble par les sens. Quand je
vois que je peux faire ces choses que j’aime et quand je
sais que les autres peuvent m’admirer parce que j’ai
accès à ces choses." Ces plaisirs sont intenses,
mais souvent sources d’attachement et d’insatisfaction.
Puis, il y a la paix et la satisfaction profonde de ne rien avoir
besoin de particulier pour être heureux, étant dans
un état de bien-être plus permanent et plus indépendant
de causes.
Cela se fait, sachant que le malheur n’est qu’une
expérience de limitation passagère liée à
toute l’expérience humaine. Et sachant que ces difficultés
sont causées par des croyances contraignantes et restrictives
qui nous donnent une vision distordue et erronée de la
réalité : des croyances qui rendent intense et tragique
l’expérience humaine.
Cette seconde sorte de bonheur est aussi liée au fait
de savoir qu’avec nos nouvelles connaissances sur la nature
des choses, nous pouvons continuer à jouer le jeu de l’expérience
humaine et à vivre une série d’histoires fascinantes,
mais cette fois, dans le détachement. Nous nous attachons
moins à ce qui nous entoure, étant conscients que
les manifestations de ce monde sont changeantes et impermanentes,
mais issues de ce qui est permanent, c’est-à-dire
la Conscience Absolue, la Source ou le Tout. Connaissant la nature
passagère de cette expérience, nous donnons à
la vie un caractère moins sérieux, moins tragique
et plus léger. Nous ne sommes plus pris dans la survie
de cette expérience, sachant que cette expérience
humaine n’est qu’un aspect passager de qui nous sommes
vraiment.
Donc, je suis heureux quand je ne crois plus que je suis l’ego
(c’est-à-dire l’identification au corps, à
sa survie, et à toutes les expériences difficiles
qui s’y rattachent) et que je sais que cette expérience
humaine n’est que passagère et temporaire. Quand
je profite de ce merveilleux voyage en étant conscient
de cela. Quand je suis en paix et tranquille dans le moment présent.
Je suis heureux quand je sors du flot des pensées qui
m’éloignent de qui je suis (Présence-Conscience);
des pensées qui prennent toute mon attention et qui font
que j’oublie qui je suis. Quand je sors de l’ombre
et de la douleur créées par mes peurs et que je
reviens vers la lumière de la conscience. Et quand je me
rapproche de ce que je suis vraiment : la Source manifestée
sous une forme particulière, le Tout apparaissant en tant
qu’identité et en tant qu’entité : en
tant qu’être humain.